samedi 30 mai 2015

Bazar bizarre

Vite, il est encore temps pour moi de faire un post ce mois-ci ! xD Voici donc, comme d'habitude, mon bazar culturel de ces dernières semaines. (*un peu, **beaucoup, ***passionnément, ****à la folie, °pas du tout)

Suite française (film de Saul Dibb, d'après l’œuvre de Irène Némirovsky) **

Le film raconte l'histoire d'amour impossible entre une Française et un soldat allemand pendant la période d'Occupation des Allemands dans une petite ville de province. Lucille et sa belle-mère vont en effet devoir héberger le commandant Bruno von Falk. La passion pour la musique des deux jeunes gens vont les rapprocher... L'ensemble se laisse regarder mais le sujet est en fait à la fois romantique et dérangeant. On salue au passage la performance de Lambert Wilson qui est décidément plein de surprise : en plus de savoir jouer et chanter, il parle très bien l'allemand ! C'était aussi pour moi la découverte de l'acteur ô combien charismatique qu'est Matthias Schoenaerts.

Loin de la foule déchaînée (film de Thomas Vinterberg, d'après le roman de Thomas Hardy) *

Si vous avez bien suivi ce blog, vous aurez retenu que je suis une grande lectrice de Thomas Hardy. Donc que j'attendais ce film avec assez d'impatience, surtout que Loin de la foule déchaînée est l'un des meilleurs romans de l'écrivain, en plus de faire aussi partie de mes préférés chez cet auteur. J'ai pu assister à une avant-première en présence du réalisateur. Il y a eu des questions pertinentes de la part de spectateurs mais elles étaient tout à fait justifiées (notamment à propos des scènes un peu "insérées" du sergent Troy et de Fanny).

Le film est fidèle à l’œuvre de Hardy mais dans l'ensemble, il manque cruellement d'alchimie entre les acteurs et du coup, de passion entre les personnages (celle de Fanny et Troy, celle de Boldwood pour Bathsheba, celle de Bathsheba pour Troy et dans un sens, celle de Oak pour Bathsheba). Dommage pour un film qui raconte justement les conséquences de ces passions parfois meurtrières... Mais encore une fois, Matthias Schoenaerts impose une incroyable virilité à l'écran, sans qu'il y ait forcément besoin de sujets très masculins. J'avoue avoir eu du mal avec Bathsheba, je trouve qu'elle fait très jeune et peut-être pas assez "belle et intouchable". En tout cas, des trois adaptations que j'ai vues de ce roman, je peux dire honnêtement que celle-ci ne sera pas ma préférée, même si le film se laisse regarder et qu'il peut faire une belle introduction à l'univers de Thomas Hardy.

Dark Places (film d'après le roman de Gillian Flynn) **

J'avais parlé du roman il y a quelques mois posts, donc je ne reviendrai pas sur l'intrigue. Le film est très fidèle au livre, hormis peut-être le physique et la personnalité de l'héroïne (Charlize Theron est aussi grande et blonde que peut l'être la minuscule et rousse héroïne du livre) mais c'est presque du chipotage. La "résolution" peut paraître rocambolesque mais j'ai bien aimé dans l'ensemble. En tout cas j'ai eu la gorge serrée lors des dernières minutes du film. Le personnage de la mère est admirable et le physique particulier de l'actrice nous change des canons hollywoodiens. Sinon je regrette juste l'omission de quelques petits détails que j'avais trouvé bien amenés dans le livre, mais bon, c'est tout de même une bonne adaptation.

Paquita (ballet, musique : Minkus/Deldevez - chorégraphie : Lacotte, Palais Garnier) ***

Enfin le Ballet de l'Opéra de Paris dans toute sa grandeur ! C'est dans ce genre de registre léger et mignon que je préfère aller voir notre compagnie nationale. En tout cas Paquita a été une vraie brise printanière entre les deux séries du Lac et de Manon.

Paquita est une jeune fille qui a été recueillie par le gitan Inigo. Il ne reste à la jeune fille qu'un médaillon orné du portrait de son défunt père comme souvenir de ses origines. Elle est forcée de danser pour mendier et apporter ainsi de l'argent à son tuteur. Un jour, la cour du noble Lucien d'Hervilly croise la route de la troupe des gitans. Lucien tombe sous le charme de la belle gitane, mais celle-ci le repousse, honteuse de sa condition. Inigo dérobe alors le médaillon de Paquita pour cacher ses nobles origines. Il est aussi engagé par le rival du Comte d'Hervilly pour tuer son fils Lucien. Mais Paquita déjoue le complot et sauve le jeune homme de la mort. A la demeure du Comte, Paquita et Lucien arrivent à temps pour dénoncer le coupable. On découvre aussi les origines nobles de Paquita qui reconnaît le portrait de son père sur un tableau du salon. Elle peut donc accepter dignement la demande en mariage de Lucien.

Bon, OK, le scénario ne brille pas par sa finesse et son suspense, mais parfois il vaut mieux faire simple. Paquita est une vraie gourmandise qui se laisse savourer. Le mélange entre danse et pantomime est équilibré mais peut-être pas aussi bien réparti sur la longueur du ballet (assez court par ailleurs). L'acte 3 est constitué de danse à 90 %, et je dirai que le Grand Pas Final est peut-être un peu longuet mais se rattrape avec les beaux morceaux de bravoure des danseurs qui sont toujours agréables à regarder. Bref, un ballet qui sent bon la joie et le soleil d'Espagne.

L'Histoire de Manon (ballet, musique : Massenet - chorégraphie : MacMillan, Palais Garnier) **

Manon est un ballet qu'il faut revoir pour lui laisser une deuxième chance. Il m'avait laissée assez indifférente la première fois que je l'ai vu il y a trois ans. Je pense pouvoir dire aujourd'hui que je l'aime bien car je le comprends mieux (il faut aussi une certaine maturité je pense, ce sont plutôt les "grandes filles" qui aiment Manon, alors que les "petites filles" préfèreront La Belle au bois dormant par exemple), même si je ne pourrai jamais avoir d'empathie pour des héros comme Manon Lescaut et le Chevalier Des Grieux. J'apprécie aussi maintenant mieux sa musique "patchworkée" de Jules Massenet, je lui reconnais un côté hollywoodien qui peut en agacer certains mais qui colle finalement bien au destin tragique de Manon.

Par le plus grand des hasards, j'ai assisté à la représentation des adieux à la scène de la dernière grande Étoile de la compagnie, Aurélie Dupont, dont je ne suis pas spécialement fan mais qui a le mérite de mettre tout le monde d'accord sur sa place d’Étoile. La représentation a été filmée par Cédric Klapisch qui lui avait déjà consacré un reportage il y a quelques années. En tout cas je peux dire que le spectacle s'est bien déroulé, il n'y a pas eu de chutes ou autres catastrophes scéniques et j'ai même plutôt apprécié car pour la première fois j'ai "entendu" la musique (l'orchestre devait aussi être dans sa meilleure forme, adieux et retransmission obliges). Bref, je peux maintenant dire que j'aime bien ce ballet, mais à petite dose car il y a des scènes très dures et cruelles cependant.

Lucrèce Borgia (pièce de Victor Hugo, à la Comédie Française, avec Guillaume Gallienne) **

Guillaume Gallienne en Lucrèce Borgia ! L'idée même avait rempli les caisses et la salle de la Comédie Française en un temps record l'année dernière. J'ai attendu que le soufflet redescende pour aller voir cette pièce. Je ne connaissais absolument pas cette œuvre de Victor Hugo (juste les grandes lignes) et j'ai été agréablement surprise même si la véracité historique des faits reste à prouver (ou pas d'ailleurs, car Hugo a, je crois, intentionnellement affabulé le destin de cette femme-monstre). Mais l'intrigue de la pièce se suffit à elle-même et l'auteur arrive toujours à mettre en scène avec suspense les complots et malentendus familiaux. Le fils de Lucrèce est joué par une actrice, ce que j'ai trouvé bien pour équilibrer la Lucrèce-homme de Gallienne. Bref, c'est toujours un peu long à la Comédie Française car il y a rarement des entractes, mais si vous êtes fan des rôles de composition et de Guillaume Gallienne, allez-y. ;)

Le Songe d'une nuit d'été (pièce de William Shakespeare, à la Comédie Française) *

La pièce vaut surtout pour Pyrame et Thisbé, son spectacle dans le spectacle de la dernière demi-heure où j'ai carrément eu des fous rires. Par contre je commence à en avoir assez de ces costumes et décors soi-disant épurés qui coûtent certainement moins cher que des costumes d'époque et des toiles peintes. Mais même les costumes plus recherchés étaient assez laids (ceux d'Obéron et Titania). Le quatuor des amoureux n'était pas très intéressant alors qu'il est le cœur de la pièce normalement (et j'ai remarqué qu'ils choisissent souvent des filles avec des voix assez horripilantes à la Comédie Française...). Bref, une pièce un peu longue finalement, mais heureusement très drôle sur la fin.

Jeu d'enquête (pièce musicale, à la Folie Théâtre) *

Voici une petite comédie musicale assez sympa mais en-dessous de ce que j'ai pu voir jusque-là. Il y avait assez d'inégalités au niveau des acteurs (sur le chant surtout) et la fin est un peu étrange (donc décevante) mais c'était sympa dans l'ensemble. En tout cas j'aime bien soutenir les petits spectacles comme ça.

L'histoire se déroule dans un manoir au début du XXe siècle. Un meurtre, un inspecteur déjanté et plusieurs suspects dont la femme de la victime, la bonne, un archéologue, un soldat, une diva... De quoi alimenter les rumeurs et les mauvaise langues...

Les Franglaises nouvelle version (spectacle musical au Théâtre Bobino) **

On passe toujours un bon moment avec les Tistics qui sont de retour dans un spectacle réorganisé et rhabillé en comparaison de ce que j'avais vu il y a quelques années. J'ai préféré la première version, car là, ils passaient un peu vite sur les chansons pour en mettre le plus possible certainement. Enfin, les traductions sont toujours aussi barrées et les petites saynètes à mourir de rire. Gigotons !!

Les désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire (13 tomes, par Lemony Snicket) *

La série qui a voulu concurrencer Harry Potter est tout de même loin derrière celui-ci, il faut l'avouer. Et on comprend l'échec commercial du film et la médiatisation moins poussée pour la série de livres écrite par Lemony Snicket. Le début est sympa et agréable à lire mais les tomes et les intrigues se répètent et on va decrescendo dans l'intérêt de ces désastreuses aventures. Le concept était bien mais la série est trop longue, en plus de n'apporter aucune réponse au dernier tome. L'auteur ne devait pas savoir où il allait dès le début, j'en suis certaine. J'aurai voulu une logique à un moment, le monde de ces orphelins était parfois trop absurde, et donc on tombait dans la facilité. Les destins de certains personnages sont ignorés, alors qu'on aurait voulu savoir, même un peu. Enfin, arrivée au volume 9, je me suis dit que j'allais quand même finir, car peut-être qu'il allait enfin y avoir un retournement de situation, mais non, rien est arrivé. Quelque part je m'y attendais, mais je suis allée de déception en déception sur cette série alors qu'elle avait des qualités et du potentiel. Dommage donc.

The Way We Live Now (mini-série par la BBC) **

Adaptation datant de 2001 avec David Suchet, Matthew Macfadyen, Cillian Murphy et Paloma Baeza, elle est très fidèle au livre de Trollope (Quelle Époque ! en français, donc), à part la fin (les fins plutôt d'ailleurs). Ce n'est pas une adaptation coup de cœur même si elle a beaucoup de qualités.

Les Français qui vont regarder la mini-série vont sauter au plafond tellement les clichés négatifs sur ceux-ci sont grossiers. Pour montrer les racines françaises de Marie et Mrs Melmotte, on a rien trouvé de mieux que de leur faire dire un florilège de "m*rde" et autres expressions vulgaires (je passe sur la dernière insulte de Mrs Melmotte à Marie) et qui ne sont parfois pas du tout appropriées. Mrs Melmotte est d'une vulgarité à faire froid dans le dos : est-ce vraiment ainsi que les Anglais perçoivent les Françaises ??!


Bref, dans l'ensemble, c'est tout de même une bonne adaptation de l’œuvre de Trollope, mais je ne la conseillerais peut-être pas pour commencer car il y a beaucoup de personnages et d'intrigues.

Aucun gros coup de cœur, à part peut-être Paquita. J'ai l'impression de devenir de plus en plus difficile...