mercredi 29 janvier 2014

Hardy is everywhere !!

En tapant mon post de l'avant-dernière fois, je me suis rendue compte que c'est ce qui me manquait vraiment : parler de mes passions littéraires !! Car oui, j'aime lire et dessiner, mais j'aime bien écrire aussi. Comme j'avais déjà fait un post sur Jane Austen il y a quelques années sous forme de questionnaire, je voulais en consacrer un entier à un autre auteur qui m'est cher : Thomas Hardy (1840 - 1928). Autant dire qu'on passe du jour à la nuit.

Je pense que peu de personnes le connaît par ici (à part les personnes que je bassine avec, de vive voix). Enfin, même dans la vie réelle, j'ai rarement rencontré des gens qui le lisaient ou même qui le connaissaient. Pourtant c'est un auteur très connu en Angleterre et beaucoup étudié dans les universités anglo-saxonnes car il y a toujours un million de choses à dire sur ses travaux ! Je voulais aussi montrer que ses œuvres sont encore très actuelles et souvent adaptées pour le grand ou le petit écran, et ceci toujours de façon très soignée. Allez, c'est parti, ça me fait une bonne rétrospection pour ma part ! Et j'espère que ça donnera envie à certains ou certaines d'entre vous de lire, de découvrir et d'apprécier ses romans, ou même juste d'aller voir les adaptations ! ;)

Ça va être très long puisque je vais aussi parler des adaptations quand il y en a et j'en parlerai en détails quand je les ai vues (ce qui est le cas pour à peu près... tout ! xD). Allez, si vous lisez un paragraphe par jour, ça me fait un mois de post !

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Tess of the d'Urbervilles (Tess d'Urberville) (1891)
Accroche : La jeune paysanne Tess Durbeyfield apprend que sa famille descend en fait d'une famille d'aristocrate déchue. Après avoir perdu leur cheval, la famille de Tess la pousse à aller demander de l'aide à l'actuelle famille des d'Urberville. Elle va alors croiser le jeune maître, Alec d'Urberville (en vérité Stokes car son père a racheté le titre) qui va la séduire et changer sa vie à jamais... Après avoir travaillé dans la riche demeure, la jeune fille retourne chez elle et met au monde un enfant qu'elle perd très vite. Elle ne retrouve goût à la vie que lorsqu'elle rencontre Angel dans une laiterie où elle a été embauchée. Mais les secrets sont durs à garder et les hommes qui entourent Tess seront tous plus cruels les uns que les autres...

Tess est le tout premier roman que j'ai lu de Hardy, il était donc évident que je commence avec celui-ci. Je l'ai découvert au lycée et j'étais comme dans une bulle quand je l'ai lu. L'histoire est, certes, très déprimante, mais j'avais adoré cette façon de raconter la vie et la descente aux enfers de cette jeune fille innocente. Par ailleurs, la gent masculine est très mal représentée dans ce roman car Angel ne vaut pas plus que Alec pour ma part... si ce n'est moins. C'est aussi ce que je découvrais à l'époque dans ce roman : le féminisme avant-gardiste de l'ère victorienne. C'est quelque chose qu'on retrouvera presque toujours chez cet auteur, en même temps que la critique à peine voilée d'une classe aristocratique débridée et du fossé qui sépare les différentes classes sociales de l'époque.


Version Polanski 1979 (film) avec Nastassja Kinski, Peter Firth et Leigh Lawson
Première grande illustration du roman que je découvrais aussi, le film est fidèle au roman et la réalisation reste très soignée. Je trouve que c'est un film qui vieillit très bien comparé à d'autres films des années 70/80. Il y a quelques longueurs qui se ressentent (sur 2 h 45 c'est un peu dur de tout égaliser) mais presque tout est comme dans le roman. J'ai juste trouvé que le Angel de Peter Firth faisait un peu trop rigide et "étroit", même avant le mariage. Mais sinon Nastassja Kinski reste pour moi la Tess idéale (alors qu'il y avait eu toute une polémique à l'époque parce que l'actrice est allemande...) : elle a la beauté et la jeunesse du personnage, tout en gardant la retenue qui sied à la jeune fille. En tout cas les costumes, les décors et la musique sont de vraies réussites. Et la scène de la flaque d'eau reste pour moi la plus belle et la plus poétique dans cette version.


Version ITV 1998 (téléfilm) avec Justin Waddell, Oliver Milburn et Jason Flemyng
Autre version très réussie et très intéressante, mais qui disposait visiblement d'un peu moins de moyens (les parents de Angel passent à la trappe), cette adaptation reste très bonne et très fidèle. Je crois même que c'est la plus fidèle des trois connues dont je parle ici. Dommage qu'il y ait parfois une voix off qui gâche un peu la réalisation. Le casting est légèrement plus "sexy" que la version Polanski (en fait on va crescendo dans le choix des acteurs sur ce critère, j'ai l'impression ! Ça doit être notre époque qui veut ça ! xD) mais le tout reste très facile à suivre. Tess est une jeune fille légèrement plus enjouée ici, plus souriante et plus combative que celle de N. Kinski, ce qui apporte une autre vision du personnage. Je crois aussi que le Alec de cette version est celui qui fait le plus "vilain" de toutes les adaptations. Et puis j'aime bien ce Angel, très charmant ; j'irais presque jusqu'à lui pardonner ses actes (j'ai dit presque hein !).


Version BBC 2008 (mini-série en 4 épisodes) avec Gemma Arterton, Eddie Redmayne et Hans Matheson
Dernière version récente produite par la BBC, qui reste d'une grande qualité malgré ses défauts et sa volonté assez visible de se détacher des précédentes adaptations. Sur 4 h de programme, ils ont largement pu insérer quelques ajouts qui amènent plus d'humanité aux personnages. Tess, Angel et Alec ont tous les trois une échelle de sex-appeal qui dépasse largement celle des deux versions précédentes ! Ce n'est pas un reproche, ni un défaut, mais ça donne un côté très (trop) moderne. Car oui, j'y arrive, mais le jeu de Gemma Arterton en Tess sonne faux jusqu'aux intonations de voix (c'est plutôt rare de tiquer sur un jeu d'acteur chez les Anglais, en général). Elle ne fait pas du tout jeune fille innocente de 16 ans dans le premier épisode (je l'ai trouvée aussi bien trop grande auprès d'Alec) ; ils ont aussi décidé de la montrer hystérique, surtout lors de l'affrontement final avec Alec. Non, décidément je ne suis pas convaincue du tout par cette Tess. Mais l'ensemble est vraiment pas mal, j'ai apprécié la scène finale qui reste très près du livre (c'est la seule version à suggérer la relation future entre Angel et la petite sœur de Tess, Liza-Lu). Bref, il s'agit d'une version qui "sort" un peu de l’œuvre et du cadre posé par l'auteur. Je dirais aussi qu'elle comporte la plus jolie scène de danse du début (la rencontre de Tess et Angel) sur les trois adaptations dont j'ai parlées (mais c'est un avis tout à fait subjectif).


Version Winterbottom 2011 (film avec l'histoire retransposée en Inde) avec Freida Pinto et Riz Ahmed
J'en avais déjà parlé par ici, donc comme j'ai un peu la flemme, je n'y reviens pas.

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Far from the madding crowd (Loin de la foule déchaînée) (1874)
Accroche : La jeune et belle Bathsheba s'installe dans un petit village et compte bien tenir sa maison et ses terres toute seule. Trois prétendants se présentent à elle : le fougueux et séduisant sergent Troy ; l'éleveur de moutons, posé mais malheureusement ruiné, Gabriel Oak ; et enfin le riche et froid voisin Boldwood. Bathsheba fera des choix qui seront fatals pour beaucoup d'entre eux mais apprendra de ses erreurs le moment venu.

J'aime vraiment beaucoup celui-ci car il a une fin plutôt positive et les personnages sont vraiment bien dépeints. Il comporte quelques scènes un peu sombres mais utiles pour l'intrigue. Bathsheba m'a un peu fait penser à la Emma de Jane Austen : très riche, très belle mais très orgueilleuse... Et le personnage de Gabriel Oak est un de mes préférés chez l'auteur. :)


Version Schlesinger 1967 (film) avec Julie Christie, Terence Stamp, Peter Finch et Alan Bates
Le film est très long (près de 3 h) mais vraiment très fidèle et bien filmé. En tout cas j'adore les scènes de troupeaux au début qui n'ont pas dû être évidentes à tourner ! xD Les personnages/acteurs sont presque comme je me les imaginais. Mention spéciale à la scène d'escrime du sergent Troy qui est un grand moment de cinéma dans tous les sens du terme ! ;) C'était aussi une super idée de tourner dans les décors naturels du Dorset natal de Hardy.


Version ITV 1998 (téléfilm) avec Paloma Baeza, Jonathan Firth, Nigel Terry et Nathaniel Parker
Comme c'est la première version que j'ai vue, je ne m'en souviens pas très bien car ça fait un bon moment que je l'ai regardée, mais je me rappelle avoir vraiment bien aimé car c'est toujours fidèle et bien tourné. Le casting est légèrement plus jeune et sexy que la version de 1967 je dirais, mais les moyens semblent plus limités puisqu'il s'agissait d'une version pour la télévision.


Version Frears 2010 (film inspiré du roman graphique "Tamara Drewe" de Posy Simmonds) avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Roger Allam et Luke Evans
Je décide de mettre cette version moderne dans les adaptations du roman car c'en est tout de même une. J'en avais un peu parlé à sa sortie, ainsi que du roman graphique de Posy Simmonds qui avait été une bonne lecture. En tout cas j'ai bien aimé le côté décalé et l'humour du film qui n'existe pas dans le roman de Hardy. Les transpositions sont intéressantes et le casting encore plus "sex and rock and roll" ! (C'est le cas de le dire avec le sergent Troy qui devient un vrai rockeur ici !) J'aime bien aussi les petites références à l'auteur dans le film (qui, là, n'existe presque pas dans le roman graphique). L'actrice principale, qui avait déjà joué Tess dans la version BBC 2008 et qui m'avait tant agacée dans ce rôle, passe mieux dans les productions contemporaines comme celle-ci, je trouve.


Version à venir en 2014 (film) avec Carey Mulligan, Tom Sturridge, Michael Sheen et Matthias Schoenhaerts
Nul doute que j'en reparlerai à sa sortie. Le tournage est terminé depuis un bon moment et il ne devrait pas tarder à sortir (enfin, j'espère). Je suis très contente qu'ils aient adapté ce roman encore une fois, et je suis vraiment curieuse et impatiente de voir ce que ça va donner.

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The Return of the Native (Le Retour au pays natal) (1878)
Accroche : Diggory aime Thomasine qui aime Wildeve qui aime Eustacia qui aime Clym qui aime aussi Eustacia, mais qui ne veut pas faire de peine à sa mère. (Ouf ! Plutôt bien résumé, non ? xD) C'est, en très gros, l'intrigue du roman car cela fait un bon moment que je l'ai lu. Evidemment ce n'est pas aussi simple. Car Thomasine et Wildeve vont se fiancer, et Eustacia épouse finalement Clym, au grand désespoir de la mère du jeune homme. Elle en mourra littéralement de chagrin après avoir été "rejetée" par le jeune couple à la suite d'un terrible malentendu. Dans ces marivaudages raciniens et même shakespeariens (Eustacia s'écrira : "Avouer ou ne pas avouer ?"), le quatuor de jeunes héros connaîtra un destin cruel mais l'histoire se finira sur une note tout de même positive.

J'ai adoré Le Retour au pays natal. On peut dire qu'il réunit tous les éléments que j'aime et qui existent dans une pièce tragique car le roman est construit comme une tragédie grecque. J'ai beaucoup aimé Clym et Eustacia, les deux héros, même s'ils ne sont pas parfaits. Le personnage de la mère de Clym est aussi un des plus admirables qu'ait pu décrire Hardy. Je trouve aussi que c'est un des romans les plus abordables de l'auteur car il se laisse lire très agréablement malgré les descriptions champêtres.


Version BBC (?) 1994 (téléfilm) avec Catherine Zeta-Jones, Clive Owen et Ray Stevenson
Attention aux yeux ! xD Oui, oui, c'est bien Clive Owen dans le rôle de Wildeve, flanqué d'une choucroute qui ne le met, ma foi, pas vraiment en valeur ! Idem pour Catherine Zeta-Jones en Eustacia qui affiche un visage plutôt rond et des sourcils très broussailleux comparée à aujourd'hui. Enfin ceci dit, l'adaptation est très fidèle mais un peu courte pour une telle intrigue (1 h 40). Le seul gros problème est qu'elle a plutôt mal vieilli et que le tout fait un peu "téléfilm de l'après-midi sur M6"... En plus quand celui qui joue le héros (Clym) décide d'en faire un dadais niais... ça n'aide pas beaucoup. Bref, c'est une adaptation qui m'a beaucoup fait rire (avec des scènes un peu "petite maison dans la prairie") mais qui se laisse regarder.

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The Woodlanders (Les Forestiers) (1887)
Accroche : Grace Melbury, jeune femme ayant suivi une éducation en ville pour devenir une vraie dame, retourne dans son petit village natal où, par la promesse de deux pères, elle était destinée à son ami d'enfance, Giles Winterborne qui n'est qu'un simple forestier mais qui aime toujours la jeune fille. La promesse n'est pas tenue car le père de Grace exige finalement un mariage de haut rang pour sa fille chérie. Elle épouse donc le nouveau médecin du village, le charmant Dr Edred Fitzpiers. Mais celui-ci, sous des airs de gentleman tout à fait respectable, s'avère être un piètre mari... mais un très bon amant pour les jeunes filles et même les dames des environs. Grace s'enfuit de chez elle et trouve refuge chez Giles qui lui reste attaché, mais qui ne veut pas entacher l'honneur de la jeune fille, quitte à en perdre son toit et sa vie...

Des six grands romans de Hardy, c'est celui que j'ai le moins aimé et celui dont j'ai le moins retenu de choses même si la lecture fut très fluide et agréable. Mais c'est drôle parce qu'en rédigeant le résumé, presque tout m'est revenu à l'esprit ! xD Il faudrait peut-être que je le relise. Enfin, sinon les personnages m'ont paru un peu loin, un peu froids, comparés aux autres romans de Hardy.


Version 1997 (film) avec Rufus Sewell et Emily Woof
Aïe, je fais durement marcher ma mémoire là ! Ça fait assez longtemps que j'ai vu l'adaptation donc je n'ai pas beaucoup de souvenirs, je crois juste que c'était plutôt fidèle, et j'avais trouvé les musiques très jolies. Sinon les deux acteurs principaux manquaient peut-être un peu de charisme, parce que je ne m'en souviens plus beaucoup ! Mais le Dr Fitzpiers était très bien choisi ; comme dans le livre, on ne sait jamais si c'est une vraie crapule ou si c'est un homme qui se repent honnêtement.

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The Mayor of Casterbridge (Le Maire de Casterbridge) (1886)
Accroche : Michael Henchard a vendu sa femme et sa fille pour cinq guinées à un marin, sous l'effet de l'alcool, il y a vingt ans. Il s'en est repenti en arrêtant la boisson pendant ces vingt ans et il est devenu un homme respectable en la personne de maire de Casterbridge. C'est aussi un marchand de blé, commerce qui prospère dans la région. Il embauche un séduisant Ecossais, Donald Farfrae, en tant que régisseur. Les deux hommes deviendront plus tard des ennemis dans le domaine du commerce mais aussi dans celui des cœurs... Entretemps la femme de Henchard revient au pays avec leur fille, Elizabeth-Jane, devenue une charmante jeune femme. Henchard se remarie avec sa première femme mais celle-ci meurt peu après, en laissant à son mari une lettre lui avouant que la Elizabeth-Jane présente n'est pas celle qu'il a abandonnée il y a vingt ans... L'arrivée de l'ancienne maîtresse de Henchard, Lucetta Templeman, complique les choses car elle compte bien se faire dédommager son déshonneur, mais elle tombe sous le charme de Farfrae et finit par l'épouser quand tout le monde pensait qu'il s'accorderait très bien avec la "belle-fille" du maire, Elizabeth-Jane...

Amours contrariées, relations secrètes, rivalités déclarées, révélations surprenantes jusqu'au bout : voilà tout ce qui vous attend dans ce roman. Mon résumé est très confus car c'est plutôt difficile de synthétiser une intrigue comme celle-ci... Je crois pouvoir dire que Le Maire de Casterbridge est le roman de Hardy que je préfère. Je finis toujours en pleurs à la fin du livre, même si elle garde une note positive. Le personnage de Michael Henchard est le plus abouti que Hardy ait pu créer. On reste fasciné par cet "homme de caractère" (le sous-titre du livre). J'aime beaucoup aussi les deux autres jeunes héros, Elizabeth-Jane et Farfrae. Là encore on retrouve les prémisses d'un féminisme marqué chez la jeune fille. Je trouve aussi que c'est l’œuvre de Hardy la mieux rythmée et la mieux construite, même si les évènements et les révélations s'enchaînent un peu trop vite à la suite.


Version Winterbottom 2000 "The Claim" ("Rédemption" en français) (film inspiré du roman) avec Peter Mullan, Wes Bentley, Milla Jovovich, Sarah Polley et Nastassja Kinski
Comme c'était la seule adaptation que je n'avais pas encore vu dans le lot, je me suis enfin décidée à la regarder, du coup mes impressions sont données à chaud. Le réalisateur (qui avait déjà tourné "Jude" et qui fera plus tard "Trishna") reprend la trame du roman de Hardy et la situe en Amérique dans les années 1860. J'ai trouvé la transposition très intéressante car le film montre aussi comment les villes naissaient et comment les chemins de fer ont trouvé leur place dans des endroits où il n'y avait rien. On s'éloigne de notre "maire" qui n'a pas un caractère aussi trempé que celui du roman mais on reste plus proche des "jeunes". Ici, il n'est pas question de blé, mais de villes. L'intrigue est en gros la même (il y a juste Lucia/Lucetta qui survit alors qu'elle meurt dans le bouquin) mais j'aurai apprécié quelques petites minutes de plus pour tout bien finir quand même. J'ai trouvé que l'attachement entre Dillon/Henchard et sa belle-fille Hope/Elizabeth-Jane n'était pas très bien montré, voire inexistant alors que c'est très important dans le livre. Enfin, ça reste une adaptation intéressante.


Version ITV 2003 (téléfilm en deux parties) avec Ciaran Hinds, James Purefoy, Polly Walker, Jodhi May et Juliet Aubrey
Très belle et très fidèle adaptation du roman, c'est tout comme dans le livre (à part un Farfrae brun au lieu de blond, mais c'est du chipotage) ! Je crois qu'il n'existe même pas de sous-titres anglais pour le DVD, mais on peut tout suivre très bien si on connaît le livre, et les Anglais parlent de toute façon toujours très distinctement. Idem que pour le livre, la fin est poignante et on ramasse les cadavres à la pelle chez Hardy, mais on ne peut pas y rester insensible !! Ciaran Hinds fait un très bon Michael Henchard, peut-être un peu trop colérique, mais le personnage est comme ça alors... A l'inverse, on donnerait bien une paire de claques à Lucetta... Enfin sinon j'aime beaucoup les Farfrae et Elizabeth-Jane. Comme dans le roman, les coups de théâtre et retournements de situations s'enchaînent un peu vite pour 3 h de programme mais ça ne laisse ainsi aucun temps mort !
Sinon il existe une autre adaptation plus ancienne avec Alan Bates (qui avait déjà joué Gabriel Oak) dans le rôle de Henchard mais je ne l'ai pas vue.

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Jude the Obscure (Jude l'Obscur) (1895)
Accroche : Jude Fawley est un jeune villageois qui rêve de latin, de grec et d'université. Mais pour le moment il est formé pour devenir architecte. Il est forcé d'épouser une vulgaire villageoise, Arabella, qui le piège en lui annonçant une grossesse, mais celle-ci part en Australie juste après les noces. Jude part en ville, la tête pleine de rêves et d'espoirs, il y rencontre sa cousine Sue dont il tombe éperdument amoureux. Mais Sue va épouser le vieux professeur de Jude, M. Phillotson, même si celui-ci la répugne. De toute façon Sue ne croit pas aux liens du mariage. C'est d'ailleurs pour ça que, finalement, Jude et Sue vont partir vivre ensemble, avec le consentement de son mari. Ils auront trois enfants, ils vivent ensemble mais ne sont pas mariés. Arabella revient en Angleterre et confie le petit Jude à son père car elle était en fait bien enceinte de lui à l'époque. La petite famille de Jude a bien du mal à (sur)vivre dans ce monde rempli de codes étouffants et d'institutions très strictes. Et d'ailleurs, ils n'y survivront pas...

Bon je ne raconte pas la fin qui est absolument atroce, je dis juste qu'il ne faut pas laisser ce livre dans toutes les mains. Jude l'Obscur, rebaptisé Jude l'Obscène par les critiques à sa parution, est le dernier roman de Hardy ; c'est aussi le plus noir et le plus désespéré, et c'est aussi celui qui a été le plus critiqué, au point de décider l'auteur à arrêter la prose (il se consacrera définitivement à la poésie jusqu'à la fin de sa vie). Jude est le summum du désespoir dans l’œuvre de Hardy. Notre héros vise haut pour ne toujours retomber que plus bas... La critique du mariage et de l’Église n'est même plus voilée avec le personnage de Sue qui est certainement l'héroïne la plus complexe de l'auteur, mais aussi bien sûr, la plus moderne. Enfin voilà, ça fait longtemps que je l'ai lu, c'est le deuxième que je découvrais de Hardy après Tess, car le deuxième plus connu aussi... Le mieux c'est de les lire chronologiquement pour ne pas avoir à s'arrêter avec Jude qui est vraiment très dur... mais vous pouvez ne pas le lire du tout, ce que je comprendrais aussi. Prévoyez juste de ne pas le lire pendant une période de déprime, sinon je ne réponds de rien !!


Version Winterbottom 1996 (film) avec Christopher Eccleston, Kate Winslet et Liam Cunningham
A l'image du roman, le film est d'une noirceur qui illustre très bien celui-ci. Les images sont très belles et la musique est magnifique (ah le thème final...). La fin est un peu moins pessimiste que dans le livre (mais en fait elle est juste "tronquée" car on sait très bien comment ça va se terminer). La très jeune Kate Winslet (je crois qu'elle avait à peine 20 ans à l'époque) dans le rôle de Sue offre une très belle performance, presque un rôle de composition. Attention encore, car vous devez avoir les épaules fortes pour voir ce film (que je trouve très réussi et très beau pour ma part, même s'il est évidemment très triste et déprimant) ! Bref, vous l'aurez compris, Jude n'est pas l’œuvre d'introduction que je conseillerai à quelqu'un qui désire commencer à lire Hardy, bien au contraire !!! Et vous savez quoi, je décide de faire descendre la partie de Jude vers la fin de mon message (je l'avais placé après Tess) pour ne pas refroidir trop vite le peu de personnes qui vont commencer à lire ce post !
Il existe une autre version en mini-série, assez ancienne, mais je crois que je n'ai pas le courage de la voir.

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Under the greenwood tree (Sous la verte feuillée - récemment Quatre Saisons à Mellstock) (1872)
Accroche : Fancy Day est une maîtresse d'école qui débarque dans un petit village. Elle va devoir se faire aux gens de la région qui trouve la jeune femme plutôt hautaine. Elle va aussi faire la rencontre de Dick Dewy qui tombe fou amoureux d'elle. Mais Fancy Day a un autre prétendant en la personne du vicaire, M. Maybold...

Alors... là, autant vous dire que si je n'avais pas vu l'adaptation juste après je crois que j'aurai été incapable d'en faire un résumé tellement ma mémoire me fait défaut, et pourtant j'avais bien aimé ce petit livre, très frais et très sympathique, qui nous change littéralement des autres ouvrages de l'auteur. Il me semble qu'il y a même un peu d'humour parfois. J'ai mis la couverture anglaise du livre car je n'ai pas trouvé l'image de l'édition française dans laquelle je l'ai lue (c'est une ancienne édition qui n'est plus disponible). Sinon le livre a été récemment retraduit sous le titre de Quatre saisons à Mellstock.


Version BBC 2005 (téléfilm) avec Keeley Hawes et James Murray
Petite production sans prétention, plutôt fidèle et très fraîche, tout comme le livre, l'adaptation modifie légèrement le caractère de l'héroïne, Fancy Day, peut-être pour mettre un peu plus de piment. (Il me semble qu'elle est complètement niaise dans le livre, ici elle est très orgueilleuse et dédaigne le monde des paysans.) Ça doit être l’œuvre la plus abordable de Hardy, même si elle ne représente pas du tout son travail (parce que pas déprimante du tout). En tout cas le téléfilm est très sympa à regarder.

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Desperate Remedies (Remèdes désespérés) (1871)
Je me résigne à ne pas rédiger une accroche ou un résumé pour les deux dernières œuvres dont je vais parler ici, car Alzheimer prend de plus en plus d'ampleur sur ma petite tête... Juste pour dire que j'ai lu Remèdes désespérés quand j'étais en vacances dans le sud (j'avais trouvé le livre à la médiathèque du patelin... euh, de la ville où habitait ma sœur à l'époque et c'était vraiment un coup de bol !) et que le livre a vraiment bien rempli sa fonction de divertissement. Je me souviens que l'héroïne s'appelait Cytherea (car c'est la première fois que je rencontrais ce prénom) et qu'il y avait une histoire de maison en feu, et d'une mère qui retrouve son fils... mais je crois que c'est tout. Je serai incapable d'en faire un résumé ! Et le pire c'est que j'avais bien aimé ! xD

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Two on a Tower (A la lumière des étoiles) (1882)
Alors là c'est à peu près la même chose... peut-être même pire. Mais je sais aussi que j'avais bien aimé. Je crois que c'est l'histoire d'un attachement très fort entre une grande dame déjà mariée et un simple villageois beaucoup plus jeune qu'elle. Ils observent ensemble les étoiles, chaque soir, perchés dans une tour au milieu des bois... Bon, ok, je retourne faire mes mots fléchés et mes sudokus avant de laisser pourrir ma mémoire...

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Voilà, j'ai fini !!! Il me reste La Bien-Aimée à finir (celui-ci a une petite touche de fantastique) et Deux yeux bleus à lire et que je possède. J'en reparlerai certainement quand je les finirai. Je sais qu'il y a aussi Le Trompette-Major et Les petites ironies de la vie chez Gallimard, je me les prendrai mais je serai alors proche de la fin !! Sniff !
En conclusion je dirai que Thomas Hardy est un auteur qui ne m'a jamais déçue. Les cinéastes et réalisateurs se sont souvent penchés sur ses œuvres car il a une écriture très "cinégénique". Les livres que je conseillerais pour débuter seraient certainement Loin de la foule déchaînée, Le Retour au pays natal ou Le Maire de Casterbridge car ils sont assez représentatifs de son travail.

Bonus
- Saviez-vous qu'il existait un musical de Tess ?
- Saviez-vous que la dernière édition de Tess au livre de poche surfe sur la vague "fais-moi mal"/Fifty Shades avec, en bandeau sur la couverture, une citation d'Alec à Tess : "J'ai été une fois votre maître ; je serai encore votre maître." ? Eh bien, les lectrices qui découvrent Tess de cette façon vont être bien déçues, croyez-moi.
- Saviez-vous que, pour une version théâtrale, Robert Pattinson a tenu le rôle d'Alec d'Urberville ? (OK, on s'en fout !)
- Saviez-vous qu'il existait aussi récemment un ballet de Far from the madding crowd créé par le Birmingham Royal Ballet (qui m'a l'air d'ailleurs très fidèle) ? Aaah ! Même Jane Austen ne s'est pas encore payé ce luxe ! ;) Et aussi, je viens de découvrir qu'il existait même un musical et un opéra de cette œuvre ! O_o
- Et saviez-vous que j'ai consacré l'équivalent d'une journée entière pour taper ce post ? xD
- Et saviez-vous encore que ça me donne des idées pour en faire d'autres de ce genre sur d'autres auteurs que j'aime ? :) Mais je n'ai pas encore réfléchi sur quels auteurs je pouvais écrire. ^^

lundi 27 janvier 2014

Parenthèse amazonienne

Puisque je parle de livres dernièrement et en général sur ce blog, je voulais évoquer la polémique qui soulève les librairies en France concernant Amazon. Alors, oui, j’achète chez Amazon mais j’achète aussi mes livres chez Gibert Joseph et Gibert Jeune, à la Fnac et à Cultura, pour ne citer qu’eux. Et oui encore, j’ai choisi le format ebook d’Amazon avec ma Kindle et je ne le regrette pas. Bien sûr, je sais que les conditions de travail des employés de la maison sont difficiles et qu’ils sont mal traités, je serai la première à les soutenir, vu que j’ai déjà travaillé dans une enseigne qui exploite à sa façon l’être humain pour presque rien.

Mais voilà, je voulais juste dire que ça m’énerve de lire dans les journaux des témoignages de petits vieux (ou petites vieilles d’ailleurs) qui disent : « Jamais je n’achèterai sur Amazon ! » Eh bien ils auront le droit de venir me couper la tête (enfin non, quand même pas ! xD) ou de me blâmer car oui, j’achète chez Amazon… mais souvent parce que je n’ai pas le choix !! Non pas que j’habite dans un trou perdu mais j’ai un tas d’autres bonnes raisons qui font que je ne peux pas acheter mes livres dans les petites librairies. Pourquoi ?
1 – Je ne lis pas les nouveautés littéraires (ou très rarement, peut-être seulement 2 ou 3 par an, et encore) ou les titres en tête de gondoles
2 – Je ne lis pas du Marc Lévy (qu’on trouve dans toutes bonnes librairies)

3 – Je ne lis pas du Guillaume Musso (qu’on trouve aussi dans toutes bonnes librairies)

4 – Je ne lis toujours pas du Fifty Shades et Cie

5 – Je ne trouve jamais les auteurs ou les livres que je veux lire dans les petites librairies et je ne leur en veux pas car je dois être la seule à les lire

6 – Je cherche souvent à lire des livres qui ne sont malheureusement plus édités et donc plutôt durs à trouver même en occasion

7 – Bref, je ne lis pas ce qui se vend le mieux 
Voilà pourquoi je ne peux pas soutenir, même avec la meilleure volonté du monde, les petites librairies et j’en suis franchement désolée car je suis la première à vouloir démocratiser et élargir le secteur littéraire à la populace. Dernier exemple en date, j’ai acheté La Sinécure (The Warden) d’Anthony Trollope chez Amazon parce qu’il n’est disponible nulle part ailleurs en traduction et que je voulais découvrir d’autres œuvres de cet auteur. Le livre m’est parvenu plus lentement que d’habitude car il doit provenir de fonds ou de l’éditeur même ; il n’était même pas tranché sur les côtés car c’est une vieille édition qui n’est plus imprimée. Mais voilà, je ne l’ai trouvé en neuf et pour un prix vraiment raisonnable que sur Amazon. Et vous aurez le droit de me faire lire l’intégrale de Marc Lévy si un jour vous le trouvez dans une petite librairie de province (ce dont je doute fort donc je n’ai rien à craindre). Alors oui, peut-être que je vais contribuer à tuer l’économie du livre et des librairies en France, mais je ne peux pas changer mes goûts personnels ou investir dans des choses que je ne lirai pas.
Wouah ! C’était mon premier vrai petit coup de gueule sur mon blog mais il fallait que ça sorte ! xD

dimanche 26 janvier 2014

Les oubliés de 2013

Tout est dans le titre ! Je ne sais plus pourquoi je n'en ai pas parlé (mais bon je ne parle ici que ce dont je veux bien parler en fait ! xD) Enfin, j'ai dû zapper car 4 des 6 lectures présentes étaient surtout pour mes cours (et encore, ce sont de toute façon des livres que j'aurai lu à un moment ou un autre dans ma vie). Pour le ballet, c'est un vrai oubli car il ne m'a franchement pas marquée...

Nobles dames, nobles amours de Thomas Hardy (A Group of noble dames) **
Tout le monde connaît ici ma passion pour Hardy ! Ceux qui n'ont pas suivi... tant pis ! xD C'est un recueil de dix nouvelles et, pour moi, il est à mettre au même niveau que les autres romans de l'auteur ! Hardy est très à l'aise avec le format "nouvelle". La plupart de ses histoires font réfléchir sur les conventions de l'époque victorienne. Bien sûr, il est souvent question d'amours interdites entre personnes issus de deux classes sociales bien distinctes (paysans/aristocrates). On ressent aussi l'aigreur de l'auteur face à cette aristocratie qu'il a toujours trouvée "vermoulue" (voir dans Tess...). Ces histoires de jeunes filles font parfois froid dans le dos : elles ont souvent des maris tyranniques, elles doivent tout le temps "sauver la face" pour ne pas ternir leur image au sein de la communauté. Parfois Hardy apporte même une petite touche de surnaturel. Coup du sort, fatalité, c'est du pur Hardy...
En tout cas le recueil est très facile à lire. Je le conseille vivement à ceux et celles qui n'ont pas encore découvert Hardy mais qui veulent un avant-goût plus abordable !

La Terre d'Emile Zola **
Une autre lecture qui s'apparentait à mon sujet de mémoire et que j'ai bien appréciée. La Terre est connue pour être un des romans les plus noirs de Zola (sinon LE plus noir) dans la série des Rougon-Macquart. Le décor champêtre est en effet décrit du côté le plus sombre... Sur fond de rivalité fraternelle dans tous les sens du terme (le père VS les enfants, rivalités entre les enfants même et dispute entre deux autres sœurs), Zola nous embarque dans une histoire d'héritage et de partage des terres assez sordide mais très prenante. J'ai bien aimé dans l'ensemble même si ça ne sera pas mon préféré de la saga, mais il m'en reste encore beaucoup à lire !

Eugène Onéguine d'Alexandre Pouchkine *
Je l'ignorais totalement mais Eugène Onéguine est LE roman russe par excellence. C'est le roman que tout le monde a lu là-bas. J'ai choisi la traduction en vers comme dans sa forme originale mais du coup j'ai trouvé ça plutôt dur à lire et à suivre, vu que je n'aime toujours pas la poésie. Heureusement que je connais l'histoire du ballet pour pouvoir bien suivre, on va dire... (Peut-être que je devrai lire la traduction en prose finalement ? Je vais y réfléchir. xD) L'intrigue est d'ailleurs en fait assez simple mais j'en ferai un résumé en même temps que je parlerai du ballet.
Au fait, dans la foulée j'ai aussi vu le film avec Ralph Fiennes en Onéguine et Liv Tyler en Tatiana que j'ai trouvé plutôt fidèle mais que je n'ai franchement pas adoré. Ça manquait un peu de passion tout ça. En tout cas, je peux vous dire que je trépigne d'impatience d'aller voir le ballet en live car c'est un des plus beaux ballets qui soit sur des musiques de Tchaïkovski et donc aussi un de mes préférés.

Othello de William Shakespeare ***
Des trois œuvres de l'ouvrage, il ne me restait que Othello à découvrir. Shakespeare est un génie mais je ne vous apprends rien. Il a posé toutes les bases des catégories de personnages au théâtre (et même bien plus qu'au théâtre). Et bien sûr, ici on parle de Iago, le traître par excellence. Iago, celui qui sème le trouble dans les esprits, celui qui souffle des mots à l'oreille de son maître pour le faire douter, celui qui n'hésite pas à trahir pour monter, bref, celui qui joue double-jeu. J'ai adoré ce personnage, perfide et mesquin à souhait (ah, le coup du mouchoir, c'est d'une perfidie sans nom !!) ! (La Sae du manga "Peach Girl" lui doit beaucoup !! xD) Car toutes les références des méchants se rapportent à Iago aujourd'hui ! Pour le moment je n'ai vu aucune adaptation que ce soit au théâtre ou en film, mais j'aimerais bien, et j'ai l'embarras du choix car cette œuvre a été maintes fois adaptée sur grand et petit écran et à toutes les sauces... (dont une version américanisée chez les teenagers où Othello se fait piquer sa pom-pom girl... un truc du genre, quoi ! xD)

Le Roi Lear de William Shakespeare (King Lear) **
Plus dur à lire et à suivre que ses autres pièces (en tout cas de celles que j'ai lues ou que j'ai vues), Le Roi Lear mélange beaucoup de thèmes et il y a énormément de personnages dont il faut retenir les noms et les fonctions... sinon on ne comprend plus rien ! xD Dans ces cas-là il ne faut pas hésiter à revenir sur la fiche des personnages ! Je crois que je m'y suis reprise à trois fois pour bien tout cerner (et encore). On a souvent résumé l'intrigue de la pièce à celle d'un père qui renie sa fille cadette parce qu'elle ne l'avait pas assez flatté. Alors, oui, c'est le point de départ, mais ça tourne aux complots politiques et aux conflits géographiques vraiment difficiles à suivre. Je me suis fait avoir car je ne pensais pas du tout que ça allait tourner dans ce sens-là ! xD

La Prisonnière des Sargasses de Jean Rhys (Wide Sargasso Sea) **
Ce roman est un prequel de l'oeuvre de Charlotte Brontë, Jane Eyre. J'ai aussi envie de dire que c'est un prequel des prequels. Le roman date des années 1960, il ne fait pas partie des innombrables romans contemporains dérivés qui surfent sur la vague actuelle des sœurs Brontë, c'est juste ce que je voulais dire.
L'histoire est celle de la première femme de Edward Rochester, Bertha Mason, ici renommée Antoinette Cosway, jeune fille née dans les îles jamaïcaines. Le héros est bien le Rochester jeune de Jane Eyre même s'il n'est jamais nommé. C'est un roman très dur dans les deux sens du terme, je ne l'ai apprécié qu'à la seconde lecture. Il peut être difficile à cerner si on ne connaît pas l'histoire de Jane Eyre même si l'auteur se détache beaucoup de l’œuvre dont elle s'inspire. En tout cas elle décrit vraiment bien le décor moite et brûlant des îles, en même temps qu'elle replace historiquement l'intrigue.
Bref, cela raconte l'enfance de la jeune femme, son mariage forcé avec un jeune Anglais orgueilleux (Rochester donc), puis les conséquences désastreuses de ce ménage et le basculement dans la folie héritée de sa mère de la jeune et belle Antoinette. C'est une vraie descente aux enfers, le ton n'a rien à voir avec le roman de Charlotte Brontë.

"Le Parc" à l'Opéra Garnier (Mozart/Preljocaj) *
Euh, comment dire ? Bon ben on ne se refait pas, hein, j'ai envie de dire. Je n'aime toujours pas la danse contemporaine mais, à vrai dire, c'était un vrai plaisir d'entendre la musique de ce cher Amadeus. Pourtant il y a aussi des beaux costumes et des décors style XVIIIe, le tout n'est pas dépouillé de ces éléments-là, comme dans tant d'autres œuvres contemporaines. Enfin bon, le ballet ne vaut surtout que pour sa dernière partie (oui, oui, la pub Air France !) et, bien sûr, sa musique. C'est une question de goût, voilà tout.

Voilàààà ! Je ne sais pas si beaucoup de personnes lisent mes petites chroniques mais sachez que je passe un temps fou à les rédiger ! xD (Une bonne soirée à chaque fois !) Mais bon, c'est pas grave si personne ne les lit, j'ai toujours un besoin de parler des choses que j'ai vues ou lues ! Ce que j'aimerais, c'est que je fasse découvrir des œuvres pas forcément connues aux autres !!

jeudi 23 janvier 2014

Mais très loin dans le ciel...

... vivait l'oiseau bleu du bonheur...

Ah là là, j'ai plus d'inspiration pour les titres de posts, du coup je fais comme Lulu, je mets des paroles de chansons ! xD

Voici donc pour changer un peu : un monsieur ! :D Il s'agit de l'Oiseau Bleu dans le ballet "La Belle au bois dormant". Encore une fois j'ai super bien cadré... et aussi j'ai encore raté le fond, mais c'est aussi parce que j'ai pris du papier Clairefontaine cette fois-ci, et à mon avis il a pas bien supporté les couches de couleurs (ça a même commencé à s'effriter). Donc pour le moment, le meilleur papier que j'ai utilisé c'est le Arches... et c'est évidemment le plus cher... -__-

J'ai essayé de rattraper en mettant du blanc (acrylique) à la brosse à dents mais du coup ça donne un effet galaxie ! xD Il vole haut mon Oiseau Bleu ! :D

Au fait, connaissez-vous le conte de l'Oiseau bleu de Madame d'Aulnoy ? Je ne l'ai lu que tout récemment et je l'ai trouvé assez glauque ! (Mais en fait presque tous les contes sont glauques !) xD

Allez, pour le prochain, je n'ai pas du tout d'idée mais je vais essayer de ne pas rater le fond pour une fois ! ;)

mardi 21 janvier 2014

Il est six heures...

C'est fou ce qu'on voit les défauts une fois scanné et vu sur l'écran d'ordi ! xD

J'ai absolument raté le fond car j'ai fait plein de bêtises tout autour... Le seul moyen que j'ai trouvé de rattraper tout ça c'était de tout cacher !

Enfin sinon il s'agit de la Reine des Dryades dans "Don Quichotte". J'aime bien cette version du costume car elle n'est pas trop chargée et je voulais essayer les différentes teintes bleu/vert/rose sur le tutu. :) Au fait je m'y suis reprise à trois ou quatre fois avant de réussir à faire rentrer ma danseuse au grand écart "six o'clock" sur ma petite feuille... xD La première fois l'échelle était trop grande, puis ensuite je l'ai dessinée trop haut puis trop bas... Grrr...

Je ne sais pas non plus si je calibre bien la luminosité et le contraste pour ces dernières aquarelles car mon écran n'est pas très fiable, et donc les couleurs sont certainement assez mal ressorties ici (même si ça a l'air plutôt fidèle chez moi).

J'ai utilisé du papier Canson Montval cette fois-ci. Le papier Arches est trop précieux ! lol Non en fait je teste toutes les sortes de papier que j'ai acheté pour le moment.

Allez, je suis motivée pour une fois !! J'espère que la prochaine fois je posterai une autre aquarelle ! :)

vendredi 17 janvier 2014

A-qua-rium...

Je joue à : "Bravely Default" (3DS)
J'écoute : "Giselle" de Adolphe Adam

Enfin un vrai dessin ! xD Bon pas vraiment un vrai car c'était pour un test et j'ai très mal cadré le dessin vu que le format utilisé est à peu près le format A5. (Du coup, Giselle a un bras gauche un peu just. xD) J'ai coupé ma feuille Arches en deux car bon, vu le prix, on comprendra que j'ai pas envie d'utiliser n'importe comment le papier... J'essaie de me mettre sérieusement à l'aquarelle et c'est vraiment TRES difficile pour moi car ça va à l'encontre de tout ce que je fais d'habitude :

- il faut y aller au feeling => pour moi un dessin doit être "dessiné" de A à Z !
- il faut être rapide car l'eau sèche très vite => je suis plutôt lente à cause du choix des couleurs que je ne maîtrise pas du tout...
- il vaut mieux éviter un encrage => mon dessin étant un peu mou, souvent c'est le trait noir qui fait un peu mieux ressortir mes persos...
- il faut commencer par le fond => ô horreur, la première chose que je veux faire, c'est de colorier mon personnage ! xD
- ça implique rarement les détails, les coups de pinceaux étant faits "en gros" => ça aussi c'est le drame de ma vie, moi qui voulais compter sur les détails... T-T
- il ne faut jamais revenir sur ce qui est fini => j'ai toujours une irrésistible envie de retoucher certaines ombres, à mes risques et périls... bonjour pâtés et auréoles...
- il vaut mieux travailler sur du papier à grain => comme j'encre encore mes dessins (pas sur celui-ci cependant), c'est un vrai cauchemar d'utiliser un stylo fin sur du papier à grain. A chaque fois, je mets plusieurs jours pour reposer mon poignet... (Et sur du papier satiné, c'est très difficile de gérer les couleurs ! Je pense que je vais laisser tomber...)

Et plein d'autres choses encore qui font que je me fais assez torture pour réaliser une aquarelle, vous vous rendez pas compte... Mais bon, j'aime bien le résultat car les essais que j'ai fait hier étaient assez affreux... C'était plutôt très très mal parti ! Je commence seulement à comprendre un peu comment fonctionnent les pigments et les réactions à l'eau... Allez, il faut que j'en fasse d'autres maintenant ! :D

Au fait, j'ai dessiné Giselle car elle est plus facile à visualiser... Les tutus longs sont moins durs à faire que les courts je trouve... Mais je vais essayer de varier pour la prochaine fois, promis !!

[Matériel utilisé : aquarelles Winsor and Newton, pinceaux Raphaël et papier Arches grain fin 300g/m².]

Voilà ! A bientôt avec un nouveau dessin j'espère !!! ;)

mardi 14 janvier 2014

Banannée 2014 !

Je lis : Quelle époque ! d'Anthony Trollope
J'écoute : "Deliver us" (OST "The Prince of Egypt")
Eh oui, j'ose commencer l'année avec un torchon (au sens presque propre) !! En plus comme je n'ai pas super bien nettoyé après le passage au scanner... Je travaille toujours mes dessins sur les mauvais papiers, du coup ça rend des choses assez affreuses... Enfin là c'était surtout pour tester une ambiance et un mélange de couleurs, chose que je ne maîtrise pas du tout... Le papier a gondolé à fond dès que j'ai passé le premier coup de pinceau ! xD Voilà, pour dire que je fais quelques petits essais quand même dernièrement. :) C'est plutôt dur pour moi de me remettre à dessiner mais j'essaie de tenir un rythme.
Sinon j'ai terminé 2013 et commencé 2014 avec plusieurs petites bonnes choses ! (Aimé un peu*, beaucoup**, passionnément***, à la folie****, pas du tout°.)

"La Belle au bois dormant" (Noureev) par le Ballet de l'Opéra de Paris à l'Opéra Bastille***
Je n'avais pas trop aimé cette version quand j'avais regardé la version filmée qui date de presque 10 ans. Mais tout compte fait je l'aime bien même si elle est très longue. Le prince a un vrai rôle et danse beaucoup plus que dans d'autres chorégraphies qui sont encore représentées aujourd'hui dans d'autres pays. Les costumes et les décors sont vraiment très beaux (il faut aimer le rococo bien sûr !!). Par contre je n'aime toujours pas le Pas de Deux du Chat Botté et de la Chatte Blanche... alors que c'est toujours un plaisir de revoir celui de la Princesse Florine et de l'Oiseau Bleu ! Dommage aussi que dans cette version la Fée des Lilas ne danse pas. Enfin, "la Belle" est vraiment un très bon divertissement de fêtes de fin d'année ! ;)

"Illusions perdues" (Ratmantski) par le Ballet du Théâtre Bolchoï à l'Opéra Garnier**
La grande compagnie russe à Paris ! Je ne devais pas manquer ça !! xD Le livret s'inspire vaguement du roman de Balzac du même nom (mais comme je ne l'ai pas fini je ne peux pas en voir les différences). Le héros n'est plus poète mais musicien ici. L'histoire est plutôt facile à comprendre même si je ne connaissais pas du tout la trame. Les critiques et la presse ont été très durs avec cette création récente (oui, ce n'est pas un classique !) mais justement je trouvais que ça apportait un peu de bonne "nouveauté néo-classique". La musique est plutôt difficile à écouter (mais elle a le mérite d'être originale, pas "patchworkée") et un moment j'avais l'impression de regarder un film muet ou une sorte de film des années 50... mais je crois que c'est intentionnel. En tout cas pour ma part je suis bien entrée dedans et j'ai vraiment bien aimé (mais je ne suis pas objective car j'adore les deux danseurs principaux que j'ai vus ce soir-là !).

 
Shirley de Charlotte Brontë***
C'est le dernier roman de la fratrie qu'il me restait à lire. (Snif !) D'ailleurs je ne comprends pas pourquoi Shirley est si peu connu. Je le place au-dessus de Villette et du Professeur. Charlotte Brontë est toujours une aussi bonne conteuse, ça se lit très agréablement. C'est plutôt difficile de faire un résumé du livre... L'histoire se passe dans un petit village, avec ses rumeurs et ses codes, ses maîtres et ses révoltes. Shirley est une jeune fille qui arrive au milieu du roman et qui va bouleverser la vie de tout ce petit monde. En commençant le roman, on ne dirait pas du tout qu'il est de Charlotte Brontë car il a un côté "social" et "industriel" mais il a beaucoup plus d'humour que ses autres romans. J'ai beaucoup aimé aussi le quatuor de jeunes héros (et on retrouve un autre précepteur ! :D). Par contre j'ai trouvé la fin un peu précipitée... Bref, c'était une très bonne lecture. Je suis contente de finir sur ce roman avec l’œuvre de Charlotte Brontë !

Le Cousin Henry d'Anthony Trollope***
Première œuvre que je lis d'Anthony Trollope et je peux dire que j'ai adoré ! C'est bien écrit, bien mené, il n'y a pas de temps mort. Anthony Trollope était aussi connu que Dickens au XIXe siècle en Angleterre, mais bizarrement il n'a jamais vraiment passé les frontières françaises jusqu'à il y a assez peu de temps.
Petit résumé : Isabel Brodrick se voit déshéritée par son oncle bien-aimé Indefer Jones qui préfère laisser ses terres à un héritier mâle. Il choisit son neveu, le cousin Henry, même s'il n'a aucune affection pour celui-ci (il espérait bien mettre d'accord les deux parties en unissant les deux cousins, mais ces deux-là se détestent). Lorsque l'oncle meurt, c'est le cousin Henry qui reprend la propriété mais tout le monde s'accorde pour dire qu'il existe un testament postérieur à celui qui a été validé... et qui sait, le cousin Henry pourrait y être pour quelque chose ?
J'ai été happée par cette histoire d'héritage et de testament ! On reste en haleine jusqu'au bout ou presque ! J'ai beaucoup aimé la description des tourments du pauvre Henry et le côté "législatif" n'est pas du tout ennuyeux, on nous explique juste ce qu'il faut. C'est un court roman qui se lit très vite et très facilement. En tout cas ça m'a vraiment donné envie de lire d'autres œuvres de Trollope (ce que j'ai évidemment fait :D) !

Miss Mackenzie d'Anthony Trollope**
Je l'avais commencé il y a longtemps mais je ne sais plus pourquoi je ne l'ai pas fini à ce moment-là. Et après avoir lu Le Cousin Henry (qui utilise les mêmes thèmes de l'héritage et des cousins), j'ai enchaîné avec celui-ci pour le reprendre et le finir très vite ! J'ai bien aimé l'héroïne et le style de l'auteur. Je reprocherai peut-être juste au roman son dernier quart qui tire en longueur l'intrigue.
Mini résumé : au XIXe siècle, en Angleterre, Miss Mackenzie est une vieille fille de 35 ans qui hérite soudainement d'une grosse somme. Les prétendants se bousculent littéralement à sa porte... Entre un clergyman stupide et vénal, un commerçant aux méthodes douteuses mais beau comme un dieu, et un cousin froid et suspicieux, la jeune femme pourra-t-elle choisir convenablement l'homme qui saura l'aimer pour ce qu'elle est, et non pas pour ce qu'elle a... ou n'a pas, d'ailleurs ?
Enfin, c'est un très bon roman victorien, très agréable à lire et qui me fait encore plus envie de continuer à lire les œuvres de l'auteur. ;)

"Sherlock" (BBC) saison 2****
Ça y est, diront certains ! Oui, j'ai enfin regardé la 2e saison de cette série géniale ! Et je peux dire que je suis une fan de Irene Adler ! ;D L'épisode 1 et 3 étaient excellents, le 2 un peu moins... La série a beaucoup d'humour, ça faisait longtemps que je n'avais pas ri devant quelque chose. Les musiques sont aussi vraiment sympas (ah, le fameux thème de Irene Adler !). En tout cas je vais certainement bientôt me mettre à la saison 3 qui vient juste d'être diffusée en Angleterre et je plains sincèrement ceux qui ont dû attendre deux ans pour avoir la suite... La fin de la saison 2 nous laissait en plan [spoilers à surligner :] avec le double suicide de Jim Moriarty et celui de notre héros à l'honneur bafoué (suicide en apparence du moins pour ce dernier)... God save Sherlock ! :D (Ah oui au fait, je l'avais trouvé moi le code du portable de Irene Adler !!!)

Professeur Layton et l'héritage des Aslantes (3DS)**
Dernier opus sorti en France qui clôt le cycle et qui se déroule en fait avant "L'étrange village". Je l'ai bien aimé, mais moins que le précédent. J'ai l'impression que dans les derniers Layton, les créateurs ont eu une fâcheuse tendance à regrouper toutes les révélations et les actions 2 h avant la fin du jeu... Les infos étaient mieux distillées dans les jeux du premier cycle, il me semble. En tout cas c'était sympa de nous faire voyager à travers le monde grâce au vaisseau ! Allez, j'attends la suite maintenant !! Je me demande qui sera le prochain méchant ! :D [J'apprends que celui-ci sera le dernier de la série... mais on va se consoler car celui avec Phoenix Wright sort pour fin mars 2014 !!!]

Elle commence bien cette année 2014, non ? ;)